Merci à Van pour cette vidéo qui donne une idée de ce que sera Mystic Pendulum, la chanson composée par Rurutia pour le jeu Atelier Ayesha (assortie d’une nouvelle photo). Collant assez bien à la franchise, le style sonne très fantasy, et même assez upbeat, entre dream pop et trip-hop. Ca a l’air plutôt sympathique pour l’instant à défaut d’être très original… Rurutia semble se ressaisir depuis ses deux derniers EP pas folichons. En tous cas, on veut y croire!
La meilleure chanson publiée sur ce blog?
Voici Au GuMu, une chanson d’Akiko Shikata que je ne connaissais pas (comme quoi tout est possible…), tirée du jeu Ar Tonelico. Ce titre est sublime et Akiko y fait un usage assez impressionnant de sa voix lyrique, comme sur l’album Raka qui date de 2006 déjà. Un choix vocal qu’elle devrait faire plus souvent, au lieu de chercher à tout prix à rendre sa voix plus passe-partout depuis l’album Harmonia… Au GuMu est du niveau de Raka et même mieux, excellente surprise donc, je sens que je vais la looper pendant un moment!
Un peu de jazz avec Miyuki
Consoeur musicale de la charmante Mariko Hamada et tout aussi méconnue, Miyuki Hatakeyama nous chante des balades jazzy soft et chaleureuses à l’image de cette chanson intitulée Sono machi no namae wa… soundslikebliss aime!
2012 sera sombre: The Sister nous le confirme!

Marissa ne dépaysera pas ses fans avec cet EP élégant, fantômatique et dépressif. A ne pas écouter à la suite du dernier Anoice au risque de pulsions suicidaires.

Sur cet album acoustique, mélancolie et nostalgie se donnent la réplique dans une certaine douceur.
Qu’en est-il musicalement? Eh bien, aucun gros changement: des balades acoustiques fantômatiques principalement basées sur le fingerpicking, des textes noirs, une voix lancinante et hantée dont la magie fonctionne toujours.
Il règne sur ces titres une certaine atmosphère nostalgique (l’influence du folk sixties et seventies n’y est pas étrangère), doublée d’un côté victorien qui rappellerait un Tim Burton soft… Alors je ne sais pas, c’est peut-être la cover qui fait penser aux groupes post-punk/new wave des années 80, mais je m’attendais à un peu plus de variété dans l’ensemble, à l’image de l’album Marissa Nadler puisqu’il est présenté par l’artiste comme un compagnon de ce dernier. J’avais beaucoup aimé des titres comme Wedding, In a Magazine et surtout Baby, I will leave you in the morning pour leur côté shoegaze voire pop rock, on pouvait y entendre une petite influence Mazzy Star voire Siouxsie ou Kate Bush, et c’était tout à fait délicieux… sur l’album précédent, Little Hells, une chanson en particulier avait ouvert la voie, montrant qu’elle ne souhaitait plus se cantonner uniquement à un style folk: Mary Come Alive et ses grosses percus années 80, qui se marient tellement bien avec la voix éthérée de Marissa que c’en est effrayant. Encore aujourd’hui, Mary Come Alive, avec Bird on your Grave, reste sans conteste mon titre favori de Marissa. Las, sur The Sister, point de shoegaze, de grosses percus ou de pop-rock… Cependant, fidèle à sa réputation, Marissa nous livre un album de qualité qui lui ressemble. Parmi les huit titres qui composent l’album, signalons une belle reprise de Your Heart is a Twisted Vine, une ancienne chanson de l’artiste. Après plusieurs écoutes, deux titres ressortent finalement plus que les autres: The Wrecking Ball Company et Love Again, There Is A Fire, qui devait initialement s’appeler Rain Arrangement (du moins me semble-t-il; c’était le nom prévu pour cet EP en 2011). C’est littéralement une chanson hantée, elle a quelque chose d’hypnotisant, malgré une mélodie assez répétitive.
Je sais que je ressors la même chose à chaque fois, mais c’est ainsi, donc voici les conclusions qui s’imposent:
-Marissa n’est pas encore arrivée à surpasser Songs III: Bird on the Water. C’est compréhensible, la barre est haute. Les néophytes savent quel album se procurer en priorité, mais pas de panique, ils peuvent tout à fait apprécier The Sister.
-Les fans peuvent mettre la main sur ce très bon EP les yeux fermés. Comme le reste de sa discographie, d’ailleurs.
-Rendez-vous dans le top de 2012 début 2013, si d’ici là le monde n’a pas été atomisé…
-Merde, mais ils sont où les textes?
-Dis Marissa, c’est quand que tu nous sors un livre de partitions avec tablatures et tout le tralala (une version guitare/piano serait un plus fort appréciable)? Lady Gaga le fait et pas toi, je cherche encore une logique à ce monde.
-Comme d’habitude les artworks (pochette et intérieur) sont très réussis, la cover dans un style années 80, l’intérieur dans un style plus vintage. Rien à voir l’un avec l’autre, mais l’effet de surprise fonctionne (je ne spoile pas plus). Pas seulement un bon disque, c’est aussi un bel objet.
-La prochaine fois, plus de titres shoegaze et on surpasse Songs III (c’est pas interdit de rêver!)
-Soutenez Marissa, elle s’autoproduit, et commander sur sa page Etsy est l’occasion d’avoir des albums dédicacés! (en plus, c’est pas cher alors pas d’excuse.)
Au final, une bonne surprise que cet EP! Bien sûr, The Sister aurait pu être meilleur pour les différentes raisons évoquées, mais il est très bon. Et vu que les chansons de Marissa sont des growers, il risque de devenir encore meilleur au fil des écoutes. Un truc me frustre, j’aimerais que Marissa exploite un peu plus le filon pop-rock dans lequel elle s’était si brillamment engouffrée. Le futur confirmera ou non si ce n’était qu’une passade, mais franchement, les titres sus-cités étaient tellement bons que ce serait criminel de ne pas récidiver.
Sélection: The Wrecking Ball Company, Love Again, There is a Fire
Trip-hop chinois: la douceur de Tian Yuan
J’avais déjà parlé de musique coréenne sur ce blog avec la talentueuse Youn Sun Nah, mais la C-pop c’est une première et pourtant, l’empire du milieu regorge d’artistes intéressants… Dans un style moins tumultueux que les rituels apocalyptiques électro-ethniques de Singer Sen ou Sa Dingding, et plus original que les balades mielleuses d’Alan, cette chanson de Tian Yuan vaut le détour. Elle me fait penser à Caroline Lufkin pour son côté shoegaze / dream pop mélancolique. Une artiste que je vais probablement suivre de près.
Autre chanson dépressive à souhait sur la dissociation de personnalité:
Punk à la cerise…
Allez, une découverte sympa pour un genre qui ne semble pas ultra-populaire au Japon: le punk rock! Who the Bitch et ses deux chanteuses survoltées envoient du son qui crache, dans un engrish tellement japonais que ça ne trompe pas (tout comme le titre, Cherry… remarque, on s’en sort bien, ça aurait pu être un énième Sakura…). Moins morbide que les Misfits, l’esprit du clip est plutôt fun et en tous cas, nos deux miss ne manquent pas d’énergie.
Si ça vous a plu, ça tombe bien, car le groupe est actuellement en tournée européenne et commence dès demain avec un show à Paris. Voici les dates:
24.05.2012 Paris
25.05.2012 Vevey (Suisse) / Rocking Chair
26.05.2012 Annecy / Le Brise Glace (Japannecy)
27.05.2012 Dijon / Deep Inside
29.05.2012 San Sebastian (Espagne)
30.05.2012 Burgos (Espagne)
31.05.2012 Mondragon (Espagne) / Arrasateko Gaztetxea
01.06.2012 Vitoria-Gasteiz (Espagne) / Helldorado
02.06.2012 Orihuela (Espagne) / La Gramola
03.06.2012 Castellon de la Plana (Espagne) / Four Seasons
06.06.2012 Toulouse / La Dynamo
07.06.2012 Bourg-en-Bresse / La Tannerie
09.06.2012 Montbéliard / L’atelier des Môles
Tsukiko Amano martyrise des tomates?
Rihanna aime les bananes (on se demande bien pourquoi), Takahiro Kido les oranges et les citrons, notre amie Tsukiko préfère quant à elle les tomates bien à point, sucrées comme le sang des innocents qu’on sacrifie à la pleine lune…
Bref! Petite sélection J-rock avec une artiste sur laquelle il vaut mieux être sélectif: Tsukiko Amano. On retrouve régulièrement chez elle une imagerie et des textes assez sombres, mais la musique souvent pop-rock tranche avec cette image et ses refrains ont tendance à être malheureusement commerciaux. Mais si j’ai sélectionné ce clip ce n’est pas pour ça… en fait, je le trouve assez amusant, même si j’aimerais pas être à la place de la tomate. Au passage Akiko, on comprend mieux d’où t’est venue l’inspiration pour Owari no Hate… (Ecoutez aussi Chou, promis, c’est bien.)
“Adolescence”: Chako en solo…
Qui savait que Chako Hattori du duo dream pop Jack or Jive avait sorti en 1994 un album solo intitulé Ebb & Flow? Sûrement pas votre serviteur, puisque j’en étais encore à écouter E-Type et Masterboy à la sortie du collège (préado = goûts de chiotte) et de toute façon le web était absent à l’époque. Sorti sur le label allemand Elves Recording tout comme l’album A Solo Exhibition et le single A Picture of a Dancer de Jack or Jive, cet album bien mystérieux doit être aujourd’hui difficile à trouver, même si je le rajoute évidemment à la checklist… Pour en revenir à 1994, j’avais bien aimé A Solo Exhibition, qui est assez pop avec plus de focus sur la mélodie, un peu comme avait pu l’être Absurdity en 2004, tandis que les albums ambiants sont peut-être moins accessibles pour le grand public. Toujours est-il que j’adore ce groupe même si je n’ai toujours pas écouté Tenshou, leur dernier album de 2011. Honte à moi.
En voici une autre (la chanson-titre, sans doute), bien onirique et relaxante, qui rappelle un peu l’album Kenka.
Baby Metal: Cannibal Corpse n’a qu’à bien se tenir!
Voici la nouvelle génération de J-pop métallisée pédophile avec Baby Metal. Pour les incultes, le baby metal est un genre dont l’unique représentant a longtemps été Metallic Falcons (nettement moins hyperactif et plus propice au suicide collectif qu’au dancefloor). Dans ce groupe, pas de chevelus alcoolisés, mais un trio en minijupe composé d’une collégienne et de deux élèves de… primaire? En fait, je ne veux même pas savoir quel âge elles ont… en tous cas c’est parfaitement inaudible et ça ferait presque passer Animetal pour du Hendrix…
Vous en voulez encore? Vous serez donc ravi d’apprendre que Baby Metal s’apprête à sortir son premier album, livré avec des bouchons en cire pour les lecteurs de soundslikebliss. On les attend encore au Hellfest. Ou à la Japan Expo avec Kyary Pamyu Pamyu.
L’otamatone: délire Philippe!
Pour les intéressés, on peut s’en procurer sur une boutique nommée La Geekerie. Tiens donc…
Ambiance hentai et tentacules?
Autre ambiance complètement différente… hummm comment dire, regardez par vous-même, c’est assez barré… le nouveau projet de Luca Turilli, intitulé Luca Turilli’s Rhapsody (pour ne pas confondre avec Rhapsody of Fire?) est pour le moins apocalyptique (bien que musicalement bien moins subtil qu’Anoice) et la vidéo est une sorte de grosse foire au nawak où on trouve entre autres une mégapole en ruines (avec un écran géant permettant d’admirer la nouvelle coupe Beatles du guitariste et sa gestuelle toujours aussi ridicule), une porte des étoiles, un type qui crie dans une machine bizarre, une fille avec un pendentif et des tentacules (oui oui, sur la fin). Bref je ne suis pas sûr d’avoir tout compris et ce qui se passe dans la tête de Luca restera un mystère, mais la vidéo vaut le coup d’oeil… même si j’espère un album un peu moins bruyant et convenu parce que niveau musique, je ne suis pas convaincu (seul le petit passage cinématique burtonien est assez sympathique, mais qu’est-ce que c’est surproduit…) Luca Turilli, le futur Ridley Scott?
Ambiance victorienne et cimetières
Voici la nouvelle vidéo d’une artiste que j’aime beaucoup, Marissa Nadler, alias la fée des cimetières qui s’apprête à sortir son nouvel album The Sister. Avec The Wrecking Ball Company, on retrouve son univers gothico-victorien et une ambiance cryptique, épurée, dépressive, morbide… le contraire de Kyary Pamyu Pamyu en quelque sorte. On peut précommander l’album (à la pochette très 80s) sur son Etsy, ici.
La mort rôde…
Un extrait bien dépressif du nouvel album d’Anoice, The Black Rain, sorti il y a à peine quelques jours (le 24 avril) et dans lequel j’attends avec impatience de pouvoir me noyer… ceci alors que doit sortir dans un futur imminent le prochain album de Marissa Nadler, The Sister, qui devrait aussi achever pas mal de suicidaires, je vous conseille de faire un stock de Lustmord histoire de bien vous mettre dans l’ambiance en attendant (promis je garde Xasthur et Keiji Haino pour la prochaine fois)… Bon, pour ceux qui n’auraient pas tilté (ou qui ne sont pas des fidèles de soundslikebliss, bouh!), Anoice, c’est le groupe de post-rock / ambiant auquel appartient Takahiro Kido, que je vous avais fait découvrir ici sous un jour bien plus relaxant. Avec Finale, on découvre une facette dépressive du compositeur, mais tout est relatif: on pourra toujours se dire que c’est moins déprimant que lire Twilight.
Découverte: Mariko Hamada
Rien de tel qu’une mystérieuse chanson jazzy au piano pour assombrir ou illuminer son dimanche. Voici donc Mariko Hamada avec “Black Coffee” version live, pour une ambiance cosy et sans sucre, s’il vous plaît.
Keiji Haino est officiellement fou
Avant d’écouter quelques pistes de cet OVNI musical qui se situe quelque part entre dark ambient BO de chambre de torture, noise et pure folie, je tiens à préciser que Keiji Haino a aussi sorti des albums de rock psychédélique certes quand même bien sous acide, mais nettement plus abordables que celui-ci, un peu dans le style de LSD March ou Acid Mothers Temple. Que cela ne vous décourage donc pas d’aborder le reste de sa discographie si, comme il est très probable que cela soit le cas, Tenshi no Gijinka vous procure davantage de nausées que d’orgasme auditif (preuve que vous êtes normal, contrairement à l’auteur de ce blog).
Tenshi no Gijinka, ou “la personnification des anges” (bien qu’il sonne plus diabolique qu’autre chose) est un album spécial. Les pistes n’ont pas de nom. La plupart des sites les nomment ainsi: Tenshi no Gijinka 1, 2, 3, etc. C’est un album minimal, qui pourrait se rattacher à l’ambiant s’il était instrumental, et qui est centré sur les percussions (traditionnelles essentiellement) et la voix. Enfin, plutôt les cris et autres mantras sectaires qui évoquent une personnalité bien détraquée.
On commence très fort avec ce qui est peut-être la piste la plus barrée du disque, donc évidemment ma préférée. Keiji se la joue chambre de torture avec percussions mystiques, même Akiko Shikata n’aurait pas osé… Si comme moi, vous êtes aussi suffisamment cinglés pour aimer écouter plusieurs morceaux simultanément (essayez donc du Satie avec du dark ambient, l’osmose est totale!), sachez qu’il n’y a pas meilleur combo avec une instru de Lustmord que ce morceau. Heresy Part IV + Tenshi no Gijinka 1 = jouissance suprême. Et pour que vous en ayez la preuve, je vous mets les vidéos:
Tenshi no Gijinka 2 est une très longue piste (plus de 11 minutes) qui ressemble à un long mantra psychédélique avec une basse vocale réverbérée qui contraste avec un chant aigu fantômatique, toujours avec un accompagnement minimaliste consistant uniquement de percussions. L’ambiance est inquiétante, et pourtant plutôt relaxante comparée à la précédente. Mais ce n’est que le calme avant l’orage…
Youpi, retour à la chambre de torture! La piste 3 est encore mieux que la première, y’a encore plus de cris, les sadiques en puissance vont adorer. Malheureusement condensés sur deux minutes seulement.
La piste 4 commence comme une musique méditative avec bols tibétains et autres percussions mystiques, jusqu’à l’apparition des complaintes de Keiji qui mettent franchement mal à l’aise. Aïe, j’ai des voix qui me parlent dans la tête…
La piste 5 est entièrement instrumentale (enfin, me direz-vous?), là pas de type qui se fait torturer, mais une ambiance résolument relaxante avec ses sons de carillons. Juste du carillon. Très adapté pour la méditation, enfin comme le reste de l’album c’est très mystique, quoi.
La sixième piste est la plus instrumentalisée, on y trouve quelques instruments traditionnels à corde en plus des percussions et toujours un son éthéré, très space qui fait très hippie des sixties. Je soupçonne Keiji d’avoir eu des contacts louches à San Francisco par le passé… Piste instrumentale comme la précédente, donc plutôt accessible et recommandée à tous les amateurs de psychédélisme…
La piste 7 est vraiment bizarre. Les cuivres y sonnent volontairement comme des klaxons de voiture, et vu le chant de drogué qu’il pose dessus, on ne peut que soupçonner Keiji d’avoir expérimenté les embouteillages sur la route de Woodstock… pour le coup, cette piste rappelle pas mal le récent Sax & The City des Acid Mothers Temple, où le saxo rebelle de Umezu Kazutoki s’en donnait aussi à coeur joie. Keiji sonne vraiment lessivé ici, sans doute fatigué d’avoir trop crié.
Autre longue piste instrumentale (pas loin de dix minutes), Tenshi no Gijinka 8 nous propose du dark ambient. Ni plus ni moins. Dark ambient psychédélique certes, mais tout autant angoissant que le serait un Xasthur sous sédatif. Comparé aux autres pistes de l’album, les percus y sont en retrait. Plutôt calme mais très sombre… j’adore, évidemment.
Dernière piste de l’album, la neuvième et en toute logique la plus calme, quasiment a cappella, ressemble plus ou moins à une berceuse junkie (je vous l’ai dit que Keiji était lessivé…), c’est hanté à souhait et très space, et pour le coup pas forcément relaxant (c’est même celle qui me met le plus mal à l’aise la seule qui me mette mal à l’aise, tout le reste de l’album frôlant la perfection. Avec Tenshi no Gijinka, on est face à un chef-d’oeuvre… Enfin, pas pour tout le monde. Pour les fous, quoi.
Pour terminer cette chronique (j’ai dû perdre tellement de lecteurs en route que je doute que certains arrivent jusqu’ici), le verdict est donc positif pour ma part. Evidemment, ce genre d’album ne s’adresse pas au kikoojap de base qui préférera, au choix, les kodasses chirurgiées ou les coréens autotunés moulés dans des slims fluo et sweats capuches à carreaux du meilleur goût, mais si vous recherchez de l’expérimental ou du psychédélique sombre, ou si vous êtes fan de dark ambient, vous avez là un album du meilleur cru, sans doute le meilleur dans son genre (bon OK, c’est le seul…)
Pour les gens pas très nets qui seraient intéressés par Tenshi no Gijinka (ou n’importe quel autre album de Keiji Haino), bonne nouvelle: étant édité en Occident, on le trouve facilement sur le net à un prix décent. Et contrairement à Ayu, vous avez la garantie qu’il ne vous rendra pas sourd. Juste fou.
Sélection: Tenshi no Gijinka 1, Tenshi no Gijinka 5, Tenshi no Gijinka 8
Triple actualité pour Akiko Shikata + nouvelle photo!
Bonne nouvelle pour les fans de cette artiste aussi discrète que talentueuse qu’est Akiko Shikata. Après Istoria ~Kalliope~, concept album éclectique et diablement créatif sorti en collaboration avec son cercle Vagrancy il n’y a pas trois mois, on apprend qu’Akiko devrait réaliser la bande-son d’un jeu autour de l’univers d’Ar-Tonelico intitulé Ciel nosurge sur PS Vita, la nouvelle console portable de Sony. La chanson du trailer nous emporte dans un univers féérique. Dommage que le jeu n’ait pas l’air à la hauteur, pas plus que le design des personnages qui reste très générique:
Akiko s’apprête également à sortir un album orgel de Istoria ~Kalliope~, dans le même style que les précédents: des reprises version boîte à musique des chansons de l’album, ce qui n’intéressera probablement pas tout le monde. Personnellement j’adhère à ces versions instrumentales, du moins celles qui sont réussies, car c’est bien le problème de l’orgel: les chansons ont tendance à rendre soit très bien soit très mal… Cela dit, ça reste des albums sympa pour amateurs de l’instrument, vendus à petit prix, mais introuvables en-dehors de l’archipel… Son dernier album orgel en date, Lirica, était sorti en Août dernier.
Enfin, des rumeurs indiquent que son prochain album solo, le quatrième (ou cinquième, selon que l’on compte ou non Haikyo to Rakuen) serait prévu pour le milieu de l’année, peut-être Juin, et il devrait s’intituler Laylania tout comme le concert unique donné par Akiko l’an dernier. Un retour au style folk de ses premiers albums ne serait pas pour me déplaire, pas que je ne trippe pas sur ses expérimentations électro-médievales au contraire, mais Haikyo to Rakuen et Navigatoria avaient une certaine magie qu’il ne me déplairait pas de retrouver.
Enfin, en attendant la chronique de l’excellent Istoria ~Kalliope~ que je ne trouve décidément pas le temps de faire, je signale aux plus curieux qu’une nouvelle photo de la déesse schizophrène a filtré… c’est à chaque fois un évènement étant donné que la dernière photo d’Akiko Shikata dont nous disposons remonte à 2009, excepté quelques photos de concert… les plus curieux pourront la voir sur Last.fm et admirer son nouveau look de grand-mère, et par la même occasion se demander où sont passées son élégance charismatique et ses costumes d’inspiration mythologique… je la préférais personnellement comme ça… on est déçus!
Takahiro Kido, entre nostalgie et mélancolie
Petit moment de détente instrumental avec Takahiro Kido, dont le style très doux et mélancolique oscille entre folk ambient et post-rock. Certains d’entre vous le connaissent peut-être en tant que compositeur du groupe post-rock Anoice. On retrouve chez cet artiste des ambiances souvent calmes, source de belles inspirations et idéales pour la méditation… Il est plus que probable que je vous en reparle à l’avenir, ses albums étant de petites perles d’émotion. On le découvre avec Oranges & Lemons, tiré de l’album Fairy Tale.
Notons pour les intéressés que Takahiro Kido propose des titres en téléchargement gratuit sur sa page Last.fm.
Mariee et son folk “nature”: l’invasion hippie continue…

Un album "minéral", autrement dit nature, simple et élégant.

Ouais, ça m'amuse de poster des trucs Illuminati en ce moment...
Après une aussi longue attente, il est de prime abord difficile de ne pas être un tantinet déçu par Gift for the End. Il faut dire que la barre était placée très haut. Que les nombreux adorateurs de Faces in the Rocks n’aient pas peur d’être dépaysés: avec ce second opus, on reste dans l’univers de Mariee Sioux. Peut-être même un peu trop. Et c’est bien là le problème: la première écoute donne un peu l’impression que les chansons se ressemblent toutes. Qu’il n’est pas innovant. Et pourtant, ce n’est pas tout à fait vrai: Gift for the End est un grower. Quelques écoutes suffisent à se l’approprier et à se rendre compte que la magie, si elle est moins accessible que sur son prédecesseur, n’en est pas pour autant absente. Il est vrai que la voix enchanteresse de Mariee fait à elle seule une grande partie du travail… Les arrangements sont élégants et intimistes, sans pour autant sombrer dans le minimalisme. Le fingerpicking et les mélodies sont toujours efficaces. Mariee fait ce qu’elle sait faire, et une chose est sûre: ce n’est pas révolutionnaire, mais c’est beau, et même mieux que ça: Gift for the End regorge d’émotions. Il est difficile de les cerner à la première écoute tant le style peut sembler homogène, mais le charme se libère au fur et à mesure. On ajoutera que les textes de Mariee, à la fois poétiques, mystiques et très bien écrits, sont d’un surréalisme enchanteur, évoquant la nature, les animaux, les rêves ou les légendes indiennes, faisant ainsi honneur à ses racines. Présenté comme un “album minéral” à l’image de sa pochette, il sonne en effet plus terre-à-terre, plus “posé” et moins audacieux que Faces in the Rocks, les compositions y sont plus linéaires et ont tendance à être un peu répétitives (mais curieusement cela ne gêne pas, la voix de Mariee est bien trop magique pour ça). L’absence de la flûte y est sans doute aussi pour quelque chose. J’ai personnellement une préférence pour l’enchanteur et toujours très Mariee-esque “Swimming through Stone”:
Que dire de plus sur cet album, ou plutôt cet EP, comme certains préfèrent le présenter (car il ne contient malheureusement que 8 titres)? C’est un album folk enchanteur, certes assez homogène et moins indispensable que Faces in the Rocks: pas de prise de risque, peu d’audace, mais de belles compositions et des textes inspirés sublimés par la voix douce de Mariee, toujours cette magie qu’on avait découvert sur Faces et qu’on redécouvre ici dénuée d’artifices, dans une émouvante simplicité. Notons qu’il a été enregistré entre 2010 et 2011 et qu’il s’agit de compositions anciennes de Mariee n’étant jamais sorties en album par le passé; on espère donc ne pas avoir à attendre à nouveau cinq ans pour le prochain, car quand on a un tel talent c’est un crime de se faire si rare… Yoriko Ichinomiya si tu m’entends, ça vaut pour toi aussi!
Sélection: Homeopathic, Swimming Through Stone
Il est possible de commander l’album chez Almost Musique, ici.
Previews de PARTY QUEEN: pas terrible…

Le ratio 1/5 est respecté, les codes Illuminati aussi. Lady Gaga a vraiment du souci à se faire.
Alors, j’ai peut-être du mal avec la J-pop commerciale c’est vrai, mais ça me semble quand même pas terrible tout ça. Comme sur Rock’n'roll Circus et Next Level, on y trouve essentiellement du recyclage, c’est à se demander comment font certains pour penser qu’elle se renouvelle. Néanmoins, trois titres ont retenu mon attention: a cup of tea, Serenade in A minor et Eyes, Smoke, Magic. Il se trouve que les deux premiers sont des interludes (ç’aurait été trop beau) et que Serenade in A minor sonne totalement “off” au milieu de tout ce tohu-bohu, quoiqu’on peut penser qu’elle remplit son rôle d’interlude puisqu’elle lie la sympathique Eyes, Smoke, Magic au style jazzy-rétro assez frais à la soporifique et ultra-convenue balade how beautiful you are, dont le clip est définitivement très… gay (ben oui, il y a d’autres moyens de faire jaser que la musique). On remarquera par ailleurs que le fameux ratio 1/5 auquel Ayu nous a habitué depuis quelques années est respecté: à l’instar de FIVE qui ne contenait qu’une seule chanson acceptable, on aura ici apparemment droit à 3 bons titres sur 14, peut-être 4. Peut mieux faire… Quant à la cover (il y en a 3 au total, mais j’ai choisi la plus illuminati pour rire, même si celle où on voit Ayu à quatre pattes est probablement davantage navrante) on constatera l’originalité des élements fashion retenus, de l’imprimé léopard omniprésent dans la pop et la mode au désormais complètement has been et suranné all-seeing eye qui ne fait plus du tout d’effet. On pouvait s’en douter, on en a plus ou moins la confirmation: Party Queen est has been avant même d’être sorti.
Avec Hitomi, les anges sont de sortie!

Si Hitomi marche toujours sur les traces d'Enya, l'album contient néanmoins quelques innovations bienvenues.
Comparé à Angel Feather Voice, ce second opus est plus varié et jongle entre différents styles: néoclassique, new age, pop, trip-hop et même une vague inspiration R’n'b sur Sensibility. Revers de la médaille, il est aussi globalement plus commercial et, sur certains titres un peu trop pop ou bon enfant, sonne moins mature que son prédécesseur. En fait, cela dépend grandement des titres: certains sont dispensables tandis que d’autres sont de vraies réussites. Un mixed bag donc, mais qui n’en reste pas moins très appréciable dans son ensemble, et qui ne devrait pas laisser les fans d’Hitomi sur leur faim.
Parmi les titres à retenir figurent Continued Story, un titre new age cinématique à l’orchestration émouvante, Sensibility pour son style rigolo qui mêle new age et rnb (un truc jamais vu), Hajimari no Asa ni Hikari Are, chanson pour le coup très pop et entraînante qui contraste joliment avec la voix très douce d’Hitomi, Lost Friends pour sa belle mélancolie, mais surtout Strange Girl qui m’a beaucoup plu pour son aspect trip-hop innovant qui s’aventure au-delà du style habituel de l’artiste. Cette chanson me rappelle d’ailleurs un peu Nahoko Kakiage ou encore Louisa John-Krol sur Me and the machine, assez similaire en style et en fraîcheur. Plus de chansons dans ce style aurait été une bonne idée, la prochaine fois peut-être?
Un bon album new age, sans doute plus commercial que Angel Feather Voice premier du nom et auquel on pourra reprocher d’être inégal, mais qui compense ce défaut par sa variété et ses arrangements de qualité.
Sélection: Continued Story, Strange Girl, Lost Friend
Faylan > Anette Olzon !
Après l’article sur Tetuzi Akiyama qui n’a remporté comme prévu aucun succès, place à quelque chose de totalement différent… je souhaitais partager cette vidéo de Faylan dont je ne suis pourtant pas fan, mais qui m’a plu par son énergie et sa maîtrise vocale pourtant difficile à assurer en live, là où un grand nombre de chanteuses de ce genre de J-pop “anime” n’ont pas de voix ou si peu. C’est totalement surproduit, les violons, la robe diva kitsch, le faux côté rock symphonique assumé, tout ce que je n’aime pas d’habitude chez Faylan, et pourtant c’est bien plus trippant que le dernier Nightwish (et oui j’ose la comparaison, cette chanson est plus “metal” que n’importe laquelle du groupe finlandais depuis qu’il ont engagé une chanteuse pop et changé leur style en soupe vaguement rock pour ados
). Avec une telle voix, Faylan mériterait vraiment de chanter des trucs moins commerciaux… non?
Folk ultra-minimal!
Je doute que beaucoup d’entre vous soient familiers avec Tetuzi Akiyama, et disons que son style est assez… spécial. Nous retrouvons ici ce guitariste du dimanche perpétuellement sous acide en compagnie du luthiste expérimental Josef van Wissem (dont je recommande les albums solos, très ambiants et beaucoup moins minimaux qu’ici, et surtout l’album en collaboration avec Smegma qui est un pur orgasme psychédélique). Ce titre se nomme donc “Silver Angels Across the Way and Golden Demons That None Can Stay” (ouais, on sait…) et il est tiré de l’album Hymn for a Fallen Angel, dont la pochette bien dépressive ferait passer Lustmord pour le clown Zavatta… C’est très très minimal et pas le truc le plus bluffant qu’Akiyama ait put faire, mais qui sait, s’il y a des hippies dans les lecteurs de soundslikebliss, n’hésitez pas à faire savoir si vous aimez ce genre de freak folk un peu particulier. On ne peut que regretter que l’album soit introuvable, car j’aurais bien aimé savoir ce que valent les autres titres, avec ces deux compères on a souvent des surprises… Bref appréciez (ou pas) et admirez au passage la technique de guitariste de Tetsuji (LOL). Promis, la prochaine fois on lui offre un accordeur.
Explosion de mignonneté!
On vous aura prévenu… voici “Hakkou no Uta” où Yuni Mori chante sa liste de courses, d’une voix très douce, sur un accompagnement minimaliste. C’est toujours plus mélodique et plus subtil que Kyary Pamyu Pamyu. Et en plus, la vidéo est adorable!
Un peu de douceur…
Je ne me lasse pas de Kanon… Cette chanson en particulier (Marius no Uta) fait beaucoup penser à Loreena McKennitt. L’EP Songs from Guin Saga est d’ailleurs très beau et dans la même veine un peu celtique.
Mais qu’est-ce que c’est que ce truc?
Ca se passe de commentaire, regardez plutôt…
Akiko Shikata nous fait du fan service??

Bah oui, les déesses doivent bouffer, comme tout le monde...
Une chose est certaine en tout cas: les sorties de la prolifique Akiko se suivent et ne se ressemblent pas. De quoi éviter l’ennui et nous surprendre régulièrement avec de nouveaux horizons: il y a tout juste un an, Utau Oka ~Ar Ciel Ar Dor~ nous gratifiait de compos psychédéliques expérimentales complètement barrées, tandis qu’en Juin dernier, un nouvel EP bien plus sage revenait à un style folk-néoclassique dans le style de son meilleur album jusqu’à ce jour, Raka (certes sans égaler l’excellence de ce dernier). La sortie d’Utsusemi fut annoncée tardivement. Les deux EP étant réussis, cela laissait augurer le meilleur pour ce single… ou pas, car il s’agit d’une chanson écrite pour un anime kitsch qui ne paie pas de mine, un truc avec un monstre lapin et des cheveux rose fluo; deuxièmement, j’ai failli m’étrangler en apprenant (là encore sur le tard) que la deuxième chanson serait Lost Children, composition sous-inspirée dont la version courte avait leaké en décembre dernier, et ne m’avait pas vraiment laissé un souvenir impérissable… un single alimentaire donc (non, il ne se mange pas, vous pourriez même avoir une grosse indigestion…) J’ai quand même pris le temps de faire la chronique, alors allons-y…
Utsusemi donc, chanson un peu étrange (c’est du Shikata après tout) qui mêle du bon et du moins bon… il n’est pas inutile de préciser qu’il s’agit du générique de fin; on peut se demander pourquoi la chanson sonne typiquement comme un opening, m’enfin cherchez pas de logique, je doute qu’Akiko ait quoi que ce soit à secouer de ce genre d’anime, d’ailleurs la composition fait preuve d’une certaine paresse inhabituelle chez la dame puisqu’elle nous balance un refrain plus commercial tu meurs, une première dont on se serait bien passé… la chanson commençait pourtant plutôt bien avec des choeurs ethnico-classiques, suivis d’un accompagnement minimal avec quelques notes électro éthérées, une nouveauté plutôt bien pensée (écoutez l’instru, c’est sans doute le meilleur moment de la chanson). Mais la transition et le refrain viennent balayer tout ça d’un revers de commercialement correct pour tomber dans la branlette pour otaku, un véritable drame… Que dire d’autre? Que les beats dance à la con rappellent furieusement des trucs aussi nuls qu’ OperaBabes ou même Era (du néoclassique façon Universal quoi), que si la chanson fonctionnait au début pour moi, je m’en suis déjà un peu lassé (ce qui est rarissime avec Akiko…) et que ça n’augure pas grand-chose de bon pour la suite. Utsusemi, malgré des audaces et quelques bonnes idées, reste un titre qui pue le commercial, les beats dance de mauvais goût et le synthé à outrance alors qu’Akiko s’était fait connaître par des albums acoustiques de toute beauté (avis aux amateurs: Haikyo to Rakuen, Navigatoria et Raka sont des petits chefs-d’oeuvres et elle n’a depuis pas fait mieux).Notons tout de même le très inhabituel solo de guitare électrique et sa reverb façon années 80, certes un peu kitsch mais surprenant, et qui ne rend étonnamment pas si mal. Pas de quoi sauver la chanson, mais c’est déjà ça.
Ensuite, Lost Children… on dirait un Nightwish des mauvais jours, style Amaranth, c’est dire le niveau: fan service paresseux et zéro prise de risque. Composition totalement ininspirée et sans aucune originalité, Lost Children est un pâle ersatz de chansons géniales comme Umineko no naku koro ni (achetez l’EP, c’est une tuerie!) ou le moins bon, mais tout de même très réussi Katayoku no Tori. Cette fois-ci il s’agit de l’opening de Messiah, un drama où joue entre autres Leah Dizon… une commande alimentaire donc, ceci explique peut-être cela. Notons que la version courte qui avait leaké en décembre était différente, avec un arrangement plus dans le style des compos qu’Akiko fait pour Umineko (je croyais d’ailleurs jusque-là que c’était une chanson d’Umineko….). Certes, dans la nouvelle version l’arrangement est soigné et sonne plutôt bien en soi, mais c’est comme emballer un gros caca avec un ruban doré, ça sentira quand même… la composition est terriblement fade, c’est du mauvais metal symphonique, sans aucune créativité, ce qui est vraiment une première chez Akiko! Akiko Shikata qui ne prend aucun risque!! C’est de très loin sa plus mauvaise chanson. Tout sonne attendu, rien ne surprend, bref, une déception de ce niveau est vraiment inhabituelle, et espérons qu’elle le reste… parce que j’attends beaucoup de son prochain album, qui devrait être bien meilleur que ce single dispensable (on ne prend pas trop de risques en pariant dessus).
Pour finir, les versions instrumentales, pour une fois bien plus intéressantes puisqu’elles permettent de se passer (en grande partie) des mélodies commerciales. Mais même comme ça, Lost Children reste mauvais. Néanmoins, ces versions sont intéressantes pour étudier le style d’Akiko (qui a généralement un vrai don pour les arrangements, même lorsque ceux-ci sont chargés comme c’est souvent le cas récemment), tout particulièrement celle d’Utsusemi où l’arrangement des couplets est particulièrement soigné. Ce qui permet de confirmer que le vrai problème d’Utsusemi, c’est la mélodie pourrie du refrain et les affreux beats dance qui vont avec.
Finalement, entre un Utsusemi pas totalement mauvais, mais qui pue le commercial à plein nez, et un Lost Children qui réussit l’exploit de me laisser de marbre, la meilleure chose dans ce single, c’est la pochette… plutôt pas mal, dans un style estampe oldies, même si on cherche encore le rapport aux Illuminati… J’ai beau répéter qu’Akiko fait du grower et qu’il faut accorder pas mal d’écoutes pour permettre aux chansons de mûrir, après avoir donné (ou subi, c’est au choix) les écoutes en question, ma déception est sans appel: au moins on ne pourra pas dire que je n’ai pas laissé sa chance à ce single alimentaire (qui devrait au moins permettre à Akiko de réaliser 90% de ses ventes de l’année et, peut-être, nous préparer un album du tonnerre d’ici quelques mois!)
Sélection: Utsusemi, à la rigueur…
I’m with you: la descente aux enfers des Red Hot Chili Peppers

Même cette mouche a senti la merde... Commercialement correct et donc très dispensable, ce nouvel opus a de quoi fâcher les fans de la première heure. Allez, un bon BSSM et on oublie tout ça!
Est-ce le départ du guitariste John Frusciante, le nouveau combo moustache kitsch/ coupe de très bon goût (façon dictateur allemand) d’Anthony Kiedis ou la simple prise de conscience qu’une opération de séduction des préados serait plus rentable qu’un nouveau Blood Sugar Sex Magik (ou qu’un nouveau Stadium Arcadium, oui, j’aime cet album et j’assume!), c’est difficile à dire, mais toujours est-il que le nouveau RHCP, c’est vraiment de la merde.
On voudrait nous faire croire que c’est un album des Red Hot. A d’autres! En fait, à l’écoute, il s’agit d’une soupe commerciale pop-rock pour ados avec ce son ultra-compressé qui a le don de vous taper sur les nerfs (et qui n’arrange pas vraiment la voix nasillarde d’Anthony en passant) et musicalement parlant, on est à peu près au niveau d’un Blink-182: on est tombé très bas, autant dire que ceux qui avaient rejeté un Stadium Arcadium trop grand public à leur goût feraient mieux de laisser leurs oreilles très loin d’I’m with you. Une déception prévisible car le premier titre à avoir été dévoilé, The Adventures of Rain Dance Maggie, résume bien ce qu’on peut attendre du reste de l’album. Les autres titres sont du même calibre, et pas un seul ne vient sauver cet album du naufrage. Le funk a presque disparu, les mélodies sont calibrées pour un public préado, et le talent reste totalement absent. Au moins, l’album est cohérent dans sa nullité… C’est une pure opération commerciale et rien d’autre!
On ne demande évidemment pas aux Red Hot Chili Peppers de nous refaire un Blood Sugar Sex Magik 20 ans après. Personnellement, je me serai contenté d’un album de la trempe de Stadium Arcadium, qui, quoi qu’en en dise, était réussi dans son genre, avec parfois de très belles compos (par exemple Desecration Smile) et d’autres titres qui renouaient avec un funk plus présent que sur les albums précédents. S’il ne fait aucun doute que le combo s’est commercialisé depuis une douzaine d’années avec Californication (certains diront même depuis One hot minute…), jamais Anthony et sa bande ne nous avait livré un album aussi mauvais. A ce point, c’est carrément du sabotage, aussi vais-je me faire une petite cure de Mother’s Milk pour oublier ce mauvais ersatz de Paramore.
LOL
J’ai ri en écoutant ça. Voilà.
Same Girl: entre jazz, folk, hystérie et mélancolie, les émotions hétéroclites de Youn Sun Nah

La diva coréenne se livre à une gymnastique vocale et émotionnelle ahurissante dans cet opus à la limite de la schizophrénie... mais étrangement envoûtant.
Si les précédents albums de l’artiste, très orientés jazz-folk (avec ce côté intimiste laissant une belle part à l’émotion et aux fluctuations émotionnelles dont elle joue avec grand plaisir) avaient déjà tout pour séduire un large public, Same Girl va encore plus loin dans l’expérimentation, vocale en particulier, et nous livre un ensemble de chanson hétéroclites qui ne ressemble à rien d’autre… qu’à du Youn Sun Nah! Ses interprétations sortent tellement de l’ordinaire qu’elles ont le pouvoir de nous scotcher sur place, et de s’accrocher à notre platine pour ne plus la quitter. Car si Voyage était déjà excellent, la chanteuse ne s’endort pas sur ses lauriers et prend de nouveaux risques, par exemple, en revisitant de manière étonnante le Enter Sandman de Metallica, dans une interprétation particulièrement schizophrène qui nous tient en haleine pendant cinq bonnes minutes. Hallucinant.
Mais si on frôle la schizophrénie vocale à plusieurs reprises, comme sur le délirant Pancake, l’album contient aussi son lot de mélancolie, à l’image, par exemple, de La chanson d’Hélène (en français), Same Girl (en anglais) ou le très beau Kangwondo Arirang (en coréen). Servi par des arrangements épurés qui permettent à la voix de s’exprimer pleinement, voici un registre dans lequel notre chanteuse excelle. On se laisse volontiers bercer…
Encore deux extraits pour achever de vous mettre en appétit (j’en profite pour regretter l’absence sur Youtube du magnifique Song of no regrets qui aurait à coup sûr fait partie de cette sélection. L’achat de l’album est fortement recommandé!).
Breakfast in Baghdad nous livre la touche world sans laquelle un album de Youn Sun Nah ne serait pas complet. On ne peut que s’incliner devant la maîtrise vocale de la dame.
Enfin, My Name is Carnival sonne comme du Youn Sun Nah typique, très borderline, déjanté… ça ne plaira pas aux fans de Drucker et de Joyce Jonathan, mais on ne pourra pas lui reprocher de faire dans le consensuel et la non-prise de risque…
Youn Sun Nah nous livre ici un album de très grande qualité où rien n’est à jeter. En prenant des risques et en variant les styles, elle prouve plus que jamais que le jazz n’est pas un genre figé, et que loin d’être sage ou ennuyeux, il se prête parfaitement à ce genre de rencontre insolite. Un album vivant, coloré, vibrant: si vous avez aimé ces extraits, Same Girl est fait pour vous!
Sélection: Enter Sandman, Kangwondo Arirang, Same Girl, Breakfast in Baghdad, My Name is Carnival
Kalafina – Magia: un single dispensable…

Malgré une chanson-titre réussie, un single qui ne présente pas d'intérêt. Le troisième album du trio devrait rattraper tout ça....
Comme les intéressés le savent probablement déjà, Magia est un titre de rock symphonique qui sert de générique de fin à l’anime Puella Magi Madoka Magica, une série de magical girl assez… psychédélique dirons-nous, et la chanson s’avère assez réussie, avec un pont de guitares façon metal symphonique qui surprend quelque peu, ce qui n’est pas un mal. Si la mélodie reste dans un style Kajiuresque très classique, c’est l’arrangement rock-metal qui fait ici toute la différence; on tient avec Magia un titre fort plaisant pour les amateurs du genre, et les fans de Kajiura ne seront pas déçus.
Les choses se compliquent avec la face B. Snow falling n’est en effet qu’une énième balade soporifique qui n’aura pas l’honneur de figurer dans les balades réussies du groupe aux côtés de Aria, Lacrimosa ou même Gloria. Non, ici nous avons juste affaire à une chanson ennuyeuse qui ne décolle jamais vraiment, et où l’émotion est bien moins palpable que sur, par exemple, Aria. Une sorte de sous-Sapphire décidément bien décevant.
Le single s’achève sur l’inévitable version karaoke et là, déception: où sont passés les choeurs? Si cela serait compréhensible pour un titre folk ou une balade dépouillée, une version entièrement instrumentale pour une chanson comme Magia est un bien mauvais choix. Si cette version reste intéressante à l’écoute, on n’a pas franchement envie de chanter dessus, et c’est bien dommage.
Magia reste un single à réserver aux collectionneurs et aux inconditionnels de Kalafina. Les autres préféreront sans doute attendre la sortie de l’album After Eden, qui devrait nous réserver de bonnes surprises.
Sélection: Magia


